Pauvreté et changement climatique
Dans le débat sur le changement climatique, les militants de l'AMCP s'engagent à mettre en première ligne la réduction de la pauvreté. Ils tiendront cet engagement en cherchant à développer la prise de conscience dans les pays riches et pauvres via les coalitions nationales et en s'assurant que la communauté internationale et les gouvernements nationaux s'attaquent au changement climatique et surtout à son impact sur les populations pauvres.
L’AMCP se bat contre les causes structurelles de la pauvreté et donc contre les institutions et les processus qui perpétuent la pauvreté et les inégalités dans le monde. L’AMCP considère que le changement climatique est l’une des plus grandes menaces contre la planète et sa population et qu’il faut s’y attaquer de toute urgence.
Ci-dessous, un extrait de la
déclaration de Montevideo de l’AMCP, en mai 2007 : « Les
vies et les moyens d’existence de millions de personnes sont progressivement
détruits par le déni de leurs droits sur la terre, l’eau, la forêt, les
ressources naturelles et l’énergie. Ceci est exacerbé par le changement
climatique. Les inondations, les sécheresses, les famines et les conflits
résultant du changement climatique menacent les objectifs du développement pour
les milliards d’individus les plus pauvres de la planète. Il est impératif que
la communauté internationale et les gouvernements nationaux s’attaquent au
problème du changement climatique et à ses conséquences, en particulier pour
les personnes les plus pauvres. »
Qu’est-ce que le changement climatique ?
Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), groupe de chercheurs indépendants, pense que l’activité humaine a déjà affecté certains écosystèmes. Leurs rapports montrent qu’il est à prévoir qu’un changement climatique non contrôlé excède, à long terme, la capacité d’adaptation des écosystèmes. Il y a toujours eu des variations climatiques, mais ce qui préoccupe actuellement les scientifiques c’est que le réchauffement dû aux activités humaines, a pris le pas sur les fluctuations normales du climat et que ceci a de graves conséquences pour la planète et sa population.
Le lien entre pauvreté et changement climatique
Pauvreté et changement climatique sont intrinsèquement
liés et il est impossible de traiter l’une sans s’attaquer à l’autre. Il est
évident que les pauvres sont les premiers et les plus directement affectés par
les conséquences du changement climatique.
Les populations vivant dans les pays les plus pauvres du
monde comme le Bangladesh ou le Niger, seront, ou sont déjà, affectées par les
inondations, la déforestation et la désertification. Dans les îles du
Pacifique, la montée rapide du niveau des océans met en danger les habitations
et les moyens d’existence des populations.
Le changement climatique va affecter les sources de revenus des populations vulnérables et risque d’accroitre le nombre de ceux qui souffrent de malnutrition.
Les pays donateurs ont un rôle clé à jouer en prenant à leur charge une partie équitable du coût de l’adaptation au changement climatique que doivent payer l’Afrique et les autres pays en voie de développement. Permettre aux pays pauvres de modifier leur comportement et de diminuer la pression sur la terre, l’eau, la forêt et les autres ressources naturelles, aura de fait pour conséquence d’atténuer le changement climatique lui-même.
S’attaquer au changement climatique est une question de justice, pas de charité.
Des chiffres
Les émissions de gaz à effet de serre ont fait augmenter
la température de 0,74°C depuis le début du 20ème siècle.
Sans réduction de ces émissions, il est probable que,
pour ce siècle, l’augmentation de température sera supérieure à 2°C.
On estime que 60% des migrations humaines sont dues au
changement climatique et aux catastrophes naturelles.
La fonte des glaciers augmente les risques d’inondation.
La montée du niveau des océans peut conduire au déplacement forcé des plus de
200 millions de personnes.
Les moissons continueront à être moins abondantes,
particulièrement en Afrique. D’ici 2100, au Tchad, au Niger et en Zambie, c’est
pratiquement le secteur agricole tout entier qui risque de disparaitre.
L’impact du changement climatique sur la santé des
populations pauvres est énorme. Les diarrhées dues au manque d’accès à l’eau
potable sont responsables de la mort de 5 millions de personnes (dont 90%
d’enfants). Si rien n’est fait, on prévoit une augmentation de 10% des cas
d’ici 2030, dans certaines régions.
Au rythme actuel, d’ici 2015, 2,170 millions de personnes dans le monde seront
privées des services de santé de base et 650 millions de personnes n’auront pas
accès à l’eau potable.
La position de l’AMCP
L’AMCP va lutter pour que dans les travaux sur le changement climatique la première place soit donnée à l’aide aux populations pauvres. Les coalitions nationales des pays riches et des pays pauvres vont oeuvrer à conscientiser l’opinion publique et à inciter la communauté internationale et les gouvernements nationaux à s’attaquer au problème du changement climatique et à ses conséquences pour ceux qui vivent dans la pauvreté.
Pour en savoir plus :
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Le dernier rapport d'Oxfam (en anglais) : "Climate Alarm: Disasters increase as climate change bites"
Conséquence de l'élévation de la température et de l'augmentation des précipitations, le nombre de catastrophes naturelles s'accroît. Cette tendance à l'augmentation du nombre des catastrophes (à petite ou moyenne échelle) est un phénomène particulièrement préoccupant. Pourtant les calamités dues aux conditions climatiques extrêmes ne sont pas une fatalité ; ce sont la pauvreté et l'impuissance qui rendent les gens vulnérables. Sans toucher à l'aide d'urgence qui reste nécessaire, une réponse véritablement humanitaire doit faire plus que seulement sauver des vies : elle doit intégrer l'adaptation aux changements climatiques et protéger les moyens de subsistance des gens pauvres en améliorant leur protection sociale et en développant chez eux une approche de réduction des risques liés aux catastrophes naturelles. Les recommandations d'Oxfam sont :
Mitigation : les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites radicalement de façon que, dans la mesure du possible, l'augmentation de la température moyenne dans le monde ne dépasse pas 2°C. Les pays riches doivent être les premiers à agir et le plus rapidement possible. Le sommet de l'ONU sur le changement climatique qui a lieu en décembre à Bali leur offre une opportunité à ne pas laisser passer.
Adaptation : Oxfam
estime que, en plus des fonds nécessaires à l'aide
d'urgence, il faudra fournir au moins 50 milliards de US$ aux pays en
développement pour qu'ils s'adaptent aux conséquences
d'un changement climatique inévitable. Ces fonds seront
fournis par les pays riches en fonction de leur responsabilité
dans les changements climatiques et de leur capacité à
fournir une aide. Ce financement additionnel n'est pas une aide, mais
une sorte d'indemnité compensatoire : ces dépenses ne
devraient pas être comptabilisées
au titre de l’engagement pris dans le cadre des Nations unies de
consacrer 0,7% du PNB à l’aide. En ce moment le financement
de l'adaptation est totalement insuffisant, et la Conférence
des Nations Unies sur le climat qui se déroule à Bali
doit mandater la recherche de nouveaux fonds. Il faut trouver des
mécanismes de financement innovant.
Lire d'Oxfam (en français) :
L’adaptation
au changement climatique: Ce dont les pays pauvres ont besoin et qui
devrait payer (pdf 509.1 kb)
Financer
l’adaptation: pourquoi la Conférence des Nations unies sur
le climat à Bali doit mandater la recherche de nouveaux fonds
(pdf 225.5 kb)
Amélioration de l'aide humanitaire :
*Augmentation de l'aide d'urgence : les gouvernements des principaux pays bailleurs doivent tenir leur promesse d’augmenter leur aide annuelle de 50 milliards de dollars par an d'ici 2010. Dans ce cas l'aide humanitaire devrait proportionnellement passer de 8 milliards à plus de 11 milliards de US$. Mais cette aide ne va pas dans la bonne direction et de toute façon elle sera certainement insuffisante : le vrai danger est que les réponses humanitaires soient débordées par les conséquences des changement climatiques. Il faut à la fois plus d'argent et de meilleures réponses.
*Garantie d'une aide rapide, équitable, flexible et appropriée : il faut trouver des solutions plus souples comme les transferts d'argent liquide, au lieu de l'actuelle dépendance excessive vis-à-vis de l'aide alimentaire en nature.
Réduire la vulnérabilité et les risques liés à une catastrophe :
*Construire une protection sociale à long terme : le changement climatique accentue le fait que les populations pauvres vivent dans un stress permanent. Les gouvernements doivent donner la priorité aux populations pauvres. L'aide doit être employés à protéger les biens et moyens de subsistance des pauvres ou de leur en fournir. L'existence de services essentiels comme l'eau, les sanitaires, la santé et tout ce qui est système de protection à long terme est la condition sine qua non qui permettra d'augmenter l'efficacité d'une éventuelle aide d'urgence.
*Investir dans la réduction des risques liés aux catastrophes naturelles (DRR) : les gouvernements se sont engagés à diminuer la vulnérabilité du monde aux catastrophes naturelles en développant une approche de réduction des risques (DRR). Ils doivent passer aux actes en intégrant cette réduction des risques (DRR) dans les mesures d'adaptation au changement climatique et dans les stratégies de réduction de la pauvreté.
*Renforcer les compétences locales : il faut renforcer les compétences des acteurs locaux, en particulier celles des autorités gouvernementales et responsabiliser les populations affectées de façon qu'elles puissent jouer lors d'une catastrophe, un rôle important dans la mise en alerte, l'intervention et la reconstruction.
*Réfléchir à la qualité du développement : l'aide au développement doit intégrer les analyses des risques liés aux catastrophes naturelles ainsi que l'évolution des changements climatiques. Des stratégies de développement inadaptées non seulement conduisent au gaspillage de ressources rares mais peuvent mettre en danger de nouvelles populations – un exemple typique est celui de la course effrénée pour produire des bio-carburants qui n'est muni d'aucun garde-fou ni pour les pauvres ni pour l'environnement.
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Rapport d'ActionAid (en anglais) : “Compensating for Climate Change: Principles and Lessons for Equitable Adaptation Funding.”
Le rapport identifie cinq principes permettant un financement efficace de l'adaptation :
* Un gouvernement démocratique
* La participation de la société civile
* Un financement durable et compensatoire
* L'absence de conditionnalité dans la politique économique
* La possibilité pour les plus vulnérables d'y avoir accès
Ensuite le rapport passe en revue les différents canaux de financement de l'adaptation actuellement disponibles, y compris les flux de fonds provenant du Fonds Mondial pour l'environnement (GEF) et de l'assistance bilatérale au développement. Ensuite il examine et évalue les modèles alternatifs de financement de l'adaptation basés sur deux modèles existants (Le Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme et le Fonds multilatéral pour l'application du Protocole de Montréal). Enfin, ActionAid fait sept recommandations clés pour le financement futur de l'adaptation. Ce rapport sera utilisé par ActionAid dans ses actions de plaidoyer au cours des négociations sur le climat qui se déroulent à Bali du 3 au 14 décembre.
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Rapport sur le développement humain 2007-2008 : « La lutte contre le changement climatique : un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé »
Ce rapport soutient que les progrès réalisés récemment dans le développement humain sont menacés par le changement climatique. On peut déjà en voir les signes avant-coureurs parmi les populations et les pays les plus pauvres et les plus vulnérables. Mais bientôt nous allons tous être confrontés aux conséquences du changement climatique. Ce rapport identifie cinq points cruciaux qui, si nous ne faisons rien maintenant, pourraient bloquer tout progrès et même faire reculer le développement humain :
* Production agricole et sécurité alimentaire. La modification du régime des précipitations ainsi que le réchauffement induit par les changements climatiques limitera la quantité d'eau disponible pour l'agriculture, en particulier dans les zones vulnérables. On devrait assister à une augmentation de la surface des zones arides et semi-arides de 60 à 90 millions d’hectares en particulier dans les régions d'Afrique subsaharienne. D'autres régions en voie de développement, en particulier en Amérique Latine et en Asie, pourraient également voir leur production agricole diminuer. En 2080, le nombre des personnes supplémentaires exposées à des risques de famine pourrait atteindre 600 millions.
* Le problème de l'eau. Dans certaines régions d'Asie et d'Amérique latine,les changements des modèles de ruissellement et la fonte des glaciers s'ajoutant au stress environnemental, compromettront l'irrigation et l'approvisionnement en eau des villages et des villes. Les changements climatiques pourraient ajouter 1,8 milliard de personnes au nombre de celles qui vivent dans un environnement caractérisé par la rareté de l’eau —correspondant au seuil de 1 000 mètres cubes par habitant et par an — à l’horizon 2080.
* L'élévation du niveau des mers et la vulnérabilité aux catastrophes naturelles. Il y a des indices sérieux montrant que le changement climatique apportera des tempêtes tropicales toujours plus violentes, conséquence du réchauffement des océans. La fonte accélérée des glaces pourrait rapidement élever le niveau des mers. Une augmentation de 3 à 4 °C de la température moyenne pourrait se traduire par le déplacement temporaire ou permanent de plus de 300 millions de personnes pour cause d'inondations.
* Les problèmes de santé. Les pays riches ont commencé à adapter leur système de santé pour faire face à d'éventuels futurs chocs climatiques comme la canicule qui a frappé l'Europe en 2003. Cependant, c'est dans les pays en développement que l'impact sera le plus important du fait du grand nombre de personnes pauvres et des capacités limitées de leurs systèmes de santé publique. Les zones exposées aux principales épidémies pourraient s'étendre. Ainsi 220 à 400 millions de personnes supplémentaires pourraient être infectées par le paludisme, une maladie qui fait déjà un million de morts par an.
* La destruction des écosystèmes.
Environ la moitié des récifs de corail dans le monde
ont souffert du « blanchiment » due à un
réchauffement des océans. L’effondrement des systèmes
coralliens représenterait un phénomène
catastrophique pour le développement humain dans de nombreux
pays. Au-delà de leur valeur pour les vies et l’alimentation
des pauvres, les coraux ont une valeur économique plus
générale. Ils sont générateurs de
revenus, d’exportations, et, dans des régions telles que
l’océan Indien et les Caraïbes, sont indispensables à
l’industrie du tourisme, fondement de leur économie.
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